« Lire c’est voyager ; voyager c’est lire » Victor Hugo, Choses vues.

Je déteste finir un livre. Basculement d’un monde miniature. Toujours le même sentiment dans les dernières pages, cette petite voix qui glapit « Encore ! Encore » et pourtant… Pourtant, je ne peux pas m’empêcher de croquer ce livre, de le dévorer goulûment à voracement, jusqu’à la dernière miette… Une sorte de compte à rebours se met en place et moi, moi je ne peux pas m’empêcher d’engloutir les pages et… Dix, neuf, huit, sept… Plus que quelques lignes, quelques mots qui fuient sous mes yeux sans que je ne puisse les arrêter… Et six, cinq, quatre, trois… Je cavale sur la cime des dernières lignes avec une sorte d’adrénaline qui grandit, grandit… Et deux, et un… Et chaque fois ce même pincement. C’est fini. On rouvre le livre, on feuillète les dernières pages… Est-ce que je n’en ai pas oublié une ? Une toute petite ? Prolonger le plaisir quelques secondes encore ? Non, malheureusement. Lire la suite « « Lire c’est voyager ; voyager c’est lire » Victor Hugo, Choses vues. »

L’été indien

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https://www.youtube.com/watch?v=tQb4eWCAq8c

Derrière les volets, le soleil coule son miel doucement. Les premiers rayons du jour se faufilent dans la pièce par quelques interstices à peine soupçonnés et viennent chatouiller le bout des cils de mes yeux encore à demi clos. On devine dans ces jets furtifs de lumière des milliards de fines petites particules de poussières qui flottent dans l’air de manière insaisissable.

J’ouvre un œil. Lire la suite « L’été indien »

Bienvenue sur ma ligne C

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Le train s’immobilise dans un brinquebalement métallique. Les voyageurs se déversent sur le quai, pressés, compressés, serrés, enserrés. Un autre train entre en gare. Les gens s’engouffrent dans la rame, se tasse et s’amassent. Ils s’écrasent, acculés, plaqués contre les parois jusqu’à ne plus pouvoir respirer.  Une voix, anonyme, que personne n’écoute, annonce une énième perturbation. Soupirs agacés. Remarques. Ecrasements de pieds. Bousculades. Un quotidien. Le quotidien.

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Délicatesses auvergnates

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Le vent doucement laisse aller son souffle sur l’herbe qui ondoie. Un arbre frissonne. Aux bordures de longues routes en lacets tortueux, dans des champs infinis, par delà des clôtures approximatives, du bétail se nourrit, paisible. Dans l’interminable ciel, des buses au regard vif et perçant tournoient. Un bois, un ruisseau. Un volcan endormi qui veille sur une plaine tendrement vallonnée. Une maison de garde-barrière. Un pont qui enjambe un rivière dont les vaguelettes vient se briser en clapotant sur les rives de terre meuble. Blé, colza et tournesols se côtoient, bons voisins, ainsi plantés sous le soleil. Ici, plus qu’ailleurs, l’herbe est verte. Ici, plus qu’ailleurs, le ciel est bleu. Et dressées contre ces immensités luisantes, baignant dans la lueur protectrice du soleil bienveillant, de sages constructions de pierre, regroupées ça et là, surplombent par leur prestance massive ce paysage tranquille. Petits villages audacieux, torturés, ils peuplent cette vaste campagne qui se déploie à perte de vue. Un four à pain. Une église. Des poules s’échappant en caquetant. Un chat roux passe. Une vache meuglant lentement. Un chien aboie.